Apprendre du Christ comment aborder l’avenir avec confiance
Méditation sur le dialogue de Jean avec Nicodème
Jésus dit : « – Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau/d’en haut. Le vent souffle où il veut ; tu l’entends, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l’Esprit.
Nicodème reprit : Comment cela peut-il advenir ?
Jésus lui répondit : C’est toi qui es maître en Israël, et tu ne sais pas cela !
Amen, amen, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous témoignons de ce que nous avons vu (…) »
Jean 3, 7-9
Naître à nouveau
Naître d’en haut
Comment cela peut-il advenir ?
Laisser mourir la vie ancienne,
La vie de la paroisse, du monde d’avant, la sienne
Défaire l’angoisse
Comment cela peut-il advenir ?
Naître à une autre confiance
Pas la confiance en soi
Pas la sécurité de ce qu’on a prévu et verrouillé
Comment cela peut-il advenir ?
Du Christ nous apprenons d’abord qu’il le faut
Et nous l’entendons pour nous même, pour l’Eglise, pour le monde.
Il n’est pas possible de s’arrêter,
pas possible de vivoter,
pas possible de figer ce que nous avons aimé
Il dit : « Il faut que vous naissiez de nouveau », qu’on peut traduire aussi « d’en haut »
C’est un jeu de mots.
Naitre d’en haut, apparemment, c’est toujours naître de nouveau
Se laisser porter par le vent, par l’Esprit
On ne sait pas d’où il vient…
Et en effet d’où vient notre confiance en cette Parole qui nous a saisi ?
On ne sait pas où il nous emmène,
On reconnait seulement la justesse du son par l’oreille intérieure.
Infinie bonté qui nous précède et nous pousse, souvent.
Et quand on perd ce sens, quand le flou du doute nous gagne qui brouille les voix/voies,
Demandons encore comme Nicodème : « Comment cela peut-il advenir ? »
Pour mon présent.
L’entendez-vous, comme moi, répondre alors : « C’est toi qui est maître en protestantisme – pasteur, conseiller, ou même protestant depuis si longtemps – et tu ne sais pas cela ? »
Et il poursuit au verset suivant : « Amen, amen, je te le dis, nous disons ce que nous savons et nous témoignons de ce que nous avons vu… »
Nous. Il y a un « nous » de la communauté autour du Christ.
La communauté sait.
Elle sait ce qui lui a été donné, elle qui ne savait pas.
Elle qui a cherché pas à pas son chemin en résonance avec les Écritures.
Elle qui a cherché humblement la volonté de Dieu.
Et Jésus poursuit : « Et nous témoignons de ce que nous avons vu. »
Rien de plus que la vie commune où Dieu demeure.
Ne pouvons-nous pas témoigner de ce chemin plein d’imprévus que l’Esprit nous a fait prendre, des rencontres, des galères vécues ensemble… et des fruits inespérés ?
Ainsi aux jours de flou et de doute
ou de vertige devant l’avenir du monde, de l’Eglise,
devant notre propre avenir,
nous n’aurons pas peur, puisqu’il suffit de tenir le lien au Père qui fait renaître.
Pasteure Sandrine Maurot